Stage Aviron de mer à Dieppe

C’est parti ! Après un réveil aux environs de 5h30, un rendez-vous au club et le ramassage des derniers rameurs, nous voilà entassés dans le mini bus direction Dieppe et ses falaises pour un week-end d’aviron de mer !

J’ellipse le voyage : certains ont pu finir leur nuit, pas Gilbert qui nous mène à bon port. 9h, nous voici arrivés au club de Dieppe, l’accueil est chaleureux, quelques chouquettes viennent remplir nos estomacs, ça sera nécessaire paraît-il.

Après un bref briefing sur les conditions de mer et de sécurité nous imposant le remorquage des bateaux dans le port, nous voici prêts et à la manœuvre pour amener nos embarcations au bord de l’eau.

Nous sommes 9 au départ (c’est important, notez-le pour la suite) : un 4 barré et 2 doubles sont mis à l’eau. Deux mots s’imposent pour cette mise à l’eau : la cale est interminable à marée basse ! Nous rendons grâce alors à la SNHS et notre bonne vieille seine : nos pontons et la sortie directe des hangars sont un vrai bonheur comparé aux efforts que les dieppois doivent déployer à longueur d’année pour sortir en mer !

Dieppe5

Le 4 part en remorque direction la mer, les deux de couple restent dans la rade, à faire des ronds dans l’eau pour se réchauffer, sous l’œil vigilant de la capitainerie. Le temps passe, passe encore, sans nouvelles de nos collègues. Nous aurait-on oubliés ? Non évidemment, la sécurité nous rejoints : les conditions sont difficiles, trop difficiles pour sortir les 2 de couple ce matin. Nous rentrons un peu déçus, mais finalement contents de bronzer un peu au soleil ou cavaler le long du port jusqu’aux falaises pour regarder le 4 qui apparaît par intermittence dans les vagues au loin.

Le déjeuner se fait en plein air, sous le soleil. Ceux qui ont ramé le matin reprennent des forces, les autres, comme moi, continuent d’emmagasiner des calories... (on mange super bien en rando, les habitués ayant plus d’une bonne habitude pour les repas 😉). Il va vraiment falloir se dépenser !

L’après-midi, le vent a forci, les conditions empiré, mais nous ne sommes pas là pour rien : On sort le 4, franchissons la barre à la sortie du port en remorque, et nous voilà en train de ramer dans une houle bien formée : On se fait littéralement rincer, mais c’est un vrai bonheur. On touche du doigt ce qu’est l’aviron de mer !

Une douche permanente, des pelles qui touchent parfois à peine l’eau et qui, si vous n’êtes pas face ou dos à la houle ont peut de chance de tomber en même temps dans l’eau sans déroger à la sacro-sainte règle des mains collées. On est loin de la technique parfaite que l’on recherche sans cesse sur nos bassins intérieurs, mais pourtant, il y en a bien une pour s’en sortir et progresser dans l’océan déchaîné. Là, c’est la synchronisation de l’équipe et des corps qui prime. Chahutés sans cesse, nous nous démenons, nous ramons court et emmenons notre embarcation franchir ces vagues qui déferlent sur nous. La machine à laver est en route, et nous faisons corps avec elle !

Malheureusement, l’un de nos collègues nous accompagnant en sécurité se blesse violemment sur une vague cassante. Le choc et la douleur sont trop forts, il nous faut rentrer. Le moment de communion avec l’océan est stoppé net, mais il fut si intense que c’est surtout ça que nous retenons : Nous sommes prêts à remettre le couvert le lendemain !

Après un rapide passage à l’hôpital et un diagnostic optimiste de posé (ouf), la petite troupe se retrouve pour une balade sur le port, et l’apéro, avec les falaises en arrière-plan. On profite d’être en bord de mer, pour se régaler dans un restaurant de poisson qui se révèle excellent !

Ah, j’ai oublié de compter : de 9 rameurs samedi matin, il n’en restait plus que 8 le soir avec un abandon sur blessure. Le Dimanche matin, on constate d’autres « dégâts » : un rameur a quitté la troupe dans la nuit pour ses obligations, mais un troisième manque à l’appel. La ripaille la veille au soir fut trop grande, l’estomac n’a pas résisté. On sortira donc le 4 barré uniquement pour cette dernière journée.

Les conditions sont cette fois-ci plus « raisonnables », nous sortons dans une légère houle, qu’il nous est facile de gérer tant l’équipage est bien calé sur sa nage. La seule difficulté est de ne pas se laisser distraire par le paysage et ces falaises baignées par le soleil que nous longeons. Benoît, l’entraîneur de Dieppe, satisfait de notre prestation en vient presque à regretter de ne pas avoir emmené une bourriche d’huîtres pour accompagner le vin blanc qu’ils ont à bord 😉

L’après-midi, nous faisons tourner l’équipage. Les vagues sont plus cassantes, rapprochées, la rame moins agréable, mais nous finissons par trouver notre rythme et technique : la ligne droite est déconseillée dans ces conditions !

Nous rentrons pour la dernière fois dans la rade du port, sous les yeux des pêcheurs et passants qui, tout le week-end se seront étonnés de nous voir en remorque plutôt que de redoubler d’efforts. Difficile de leur expliquer que la loi est à la sécurité, mais quand nous passâmes à côté du ferry-boat la veille, il était pour nous évident que notre embarcation n’était qu’un fêtu face à un tel mastodonte. Nous apprîmes donc à saluer cette foule et ronger notre frein avec le sourire sans aucun problème.

Le week-end touchant à sa fin, nous primes congés du club de Dieppe. Rendez-vous fut pris pour de prochaines courses, certainement un nouveau week-end à venir, et surtout la bourriche d’huitres en pleine mer !

L’ensemble de notre groupe de rameurs groupe remercie l’entraîneur Benoît, Pierre, les nombreux bénévoles du club d’aviron de Dieppe et leur Présidente Bénédicte pour leur accueil, leur gentillesse et dévouement tout au long du week-end. Même si l’océan pour certains a été vainqueur, nous retiendrons la superbe expérience, le vrai moment sportif, tout ça arrosé de convivialité !

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Xavier

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