Traversée de Paris du 16 septembre 2018

Quelques frissons, de l’appréhension face au fleuve obscur éclairé seulement par le reflet des lampes frontales. Après un rapide petit déjeuner nous attendons notre tour d’embarquer. La première yolette du club a déjà quitté (Véronique, Fred, Alfredo, Gilbert, Nathalie) l’Ile Monsieur, de même que nos camarades Angoumoisins dans la yolette verte. Une véritable armée de jeunes bénévoles souriants prêtent main-forte pour une mise à l’eau sans encombre. Il ne restait que peu de temps, le temps de régler sa barre de pieds, avant qu’un feu d’artifice écarlate sur le Pont de Sèvres nous annonce le départ. Nous commençons à ramer, une première pour notre équipage (Stéphanie, Allan, Jean-Paul, Julien et moi). Nous évitons d’autres yolettes dans la nuit, s’approchant trop près de certaines, et enchainons progressivement les ponts, quittant les Hauts de Seine. Sous le pont Mirabeau les formes verdâtres des statues voluptueuses à bord de bateaux mythiques nous accompagnent. La flamme de la Statue de la Liberté nous dirige sous le pont de Grenelle vers l’aube.

Nous émergeons du pont d’Iéna, et là, première récompense, la gracieuse Tour Eiffel. Nous échangeons nos places, je prends la barre et le soleil se lève. Le rythme est soutenu et je profite d’une visite exceptionnelle. Non seulement les monuments tant admirés mais aussi le spectacle sur l’eau. Les équipages déguisées, les drapeaux et emblèmes des clubs, les bateaux traditionnels, le tout sous un ciel bleu. En arrivant à l’Ile de la Cité nous croisons le « Stämpfli Express », le plus long bateau d'aviron au monde, vingt-quatre rameurs dans une synchronisation parfaite, avançant comme un arthropode géant avec ses quarante-huit pattes. En rattrapant la troisième yolette du club (Sophie, Georges, Núria, Jean-Luc, Guillaume) le chant de « S. N. Haute Seine » réverbère sous les arches anciennes.

Notre sillage enlace rapidement l’Ile St Louis et sans relâche nous passons la Conciergerie baignée d’une lumière de miel automnale. Le retour commençait tranquillement, les yolettes s’étaient éparpillées le long de la rive droite. Les patrouilles de sécurité et un bateau-mouche matinal ont bien remué le bassin, les vagues deviennent difficiles à maitriser, pas pour les rameurs du bateau transatlantique qui saluent depuis leur vaisseau extraordinaire. Après le pont Alexandre III, les eaux se calment et nous nous retrouvons quasiment seuls, à l’exception des mariés sur le quai immortalisant ce moment. Nous entamons quelques exercices pour maintenir l’élan et nous arrivons au ponton de bonne heure.

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Les autres équipages nous rejoignent, les yolettes sont vite démontées et la remorque est chargée. Un copieux plat de paëlla, une tarte aux pommes et du vin nous attendent sur une terrasse ombragée, mais pas avant avoir trinqué à l’anniversaire de Guillaume.    Trav Paris2018 (12) 

La meilleure traversée de Paris, disent les vétérans. Magnifique, disent les nouveaux. Fluctuat nec mergitur, dit Paris.

Merci à Fred d’avoir amené les bateaux, à Véronique et à Gilbert d’avoir organisé cette randonnée mémorable, et aux organisateurs et à tous les bénévoles du parc nautique à Sèvres.

les photos sont dans la Galerie      et celles de Rachel sur le net                                             Rachel

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