La Société nautique de la Haute-Seine
dans son environnement institutionnel

Dans une région où l’urbanisation a dévoré depuis un siècle les espaces au détriment de l’environnement naturel, les berges de la Seine sont devenues depuis le début des années 2000 un enjeu essentiel pour les pouvoirs publics[1].

Dans les communes de l’Ouest, autour de l’île Seguin et de l’île de Monsieur, les bords de Seine sont en pleine transformation. À Paris, leur réaménagement est en cours pour les rendre plus accessibles aux piétons et aux activités de loisirs. Dans l’Essonne, et en particulier sur le bassin de Draveil-Juvisy, l’action des pouvoirs publics s’appuie principalement depuis les années 1960 sur la base régionale de plein air et de loisirs de Port-aux-Cerises. Mais les villes de Juvisy et Draveil ont aussi misé sur la valorisation du patrimoine fluvial existant ainsi que sur son potentiel de développement, par un soutien constant aux associations comme la Société nautique de la Haute Seine.

Alors que les initiatives se multiplient à travers l’Île-de-France en faveur de l’aménagement des rives de la Seine, les contraintes réglementaires et normatives se sont accumulées au cours des dernières décennies : plans de prévention des risques d’inondation, délimitation des zones Natura 2000, charte régionale de la biodiversité… Elles n’ouvrent plus en pratique de possibilité de développement des rives immédiates de la Seine[2] qu’à des projets publics, ou du moins collectifs.

Les rives immédiates de la Seine ont ainsi fait l’objet d’une réflexion urbanistique, environnementale et paysagère approfondie depuis une quinzaine d’années. L’État, la Région Île-de-France, le Département de l’Essonne, les communautés d’agglomérations riveraines telles que la communauté d’agglomération Sénart-Val de Seine, et bien entendu les communes, ont tous développé des plans et schémas d’aménagement des berges.

Ils ne se contentent pas d’édicter des contraintes urbanistiques et réglementaires. Ils proposent des actions positives en faveur d’une réappropriation des berges de la Seine et de la valorisation du potentiel existant du fleuve. Ces initiatives très nombreuses et convergentes constituent un atout pour tout projet de développement durable des abords immédiats de la Seine. La Société nautique de la Haute Seine s’efforce de s’y associer, en mettant au service des collectivités son expérience séculaire et sa connaissance quotidienne des usages du fleuve.

A.- le plan Seine en île-de-france

À l’initiative du ministre de l’Écologie et du développement durable, le Préfet de la région Île-de-France a établi, avec les directeurs de l’Agence de l’eau et la direction régionale de l’Environnement d’Île-de-France[3], un plan Seine 2007-2013. Quatre grands axes stratégiques y sont définis, dont un « projet de développement durable pour intégrer l’ensemble des usages du fleuve ». Pour le mener à bien, des actions sont prévues, précisant les financements et les partenaires : Région Île-de-France, Agence des Espaces verts (AEV) d’Île-de-France, Départements, Syndicats mixtes de gestion des bases de plein air et de loisirs, Voies navigables de France[4].

1°) L’État, le plan Seine et les loisirs nautiques non motorisés

Le plan Seine part du constat que « les possibilités offertes par le lit majeur de la Seine (…) doivent permettre l’expression de loisirs et d’activités de pleine nature »[5]. Il donne pour objectif aux collectivités publiques riveraines du fleuve de « développer les loisirs nautiques non motorisés et les circulations douces », en précisant que, si les « sites de pratique les plus fréquentés sont connus, ils manquent pourtant d’une reconnaissance officielle, et donc d’une prise en compte des besoins spécifiques nécessaires à une pratique dans des conditions de sécurité normales ». Quatre sites sont cités, parmi lesquels la Seine amont - Base de plein air et de loisirs de Draveil.

Le plan Seine prévoit des schémas de développement des loisirs nautiques : plans départementaux de randonnées nautiques, schéma régional du tourisme fluvial en Île-de-France, plans départementaux des sports itinérants nautiques. À cet égard, il indique que « les sports nautiques non motorisés sont en plein essor » et que ces activités « bénéficient d’un cadre légal existant, affirmé et appliqué »[6]. Le Code du sport prévoit en effet que « le département favorise le développement maîtrisé des sports de nature ». Il soumet également la cession ou la suppression d’un équipement sportif à des obligations déclaratives.

 

Draveil est plus particulièrement intéressé par l’action qui porte sur la mise en communication entre base de plein air et de loisirs, anciennes gravières et cours d’eau. Ainsi, le chemin de halage entre la base de Port-aux-Cerises et le domaine régional de la Fosse aux Carpes est expressément inclus dans le plan Seine[7].

2°) La Région Île-de-France et l'aménagement de la Seine

L’Île-de-France doit son nom à la présence partout visible de l’eau, des fleuves et des rivières, qui confèrent depuis l’époque médiévale une identité à son territoire. Le Conseil régional a signé le 26 février 2008 un contrat de projet inter-régional État-Région reprenant l’essentiel des orientations du plan Seine.

Il élabore en ce moment un schéma environnemental des berges des cours d’eau principaux d’Île-de-France. Plus généralement, la Région mène une politique active d’acquisition des espaces naturels à travers son Agence des espaces verts. Elle se fixe pour objectif d’œuvrer au retour de la nature en zone urbaine.

En pratique, elle s’appuie sur le réseau de ses douze bases de plein air et de loisirs (BPAL). La base de plein air et de loisirs de Port-aux-Cerises est du nombre, qui se situe sur le territoire des communes de Draveil et de Vigneux-sur-Seine.

Le 18 juin 2011, le Président du Conseil régional y a inauguré, aux côtés du président du Conseil général de l’Essonne, un vaste centre nautique.

B.- L’AMENAGEMENT DES BERGES EN ESSONNE

Sur tout le bassin de la Seine, départements et intercommunalités coopèrent pour restaurer une continuité naturelle le long du fleuve. Le Département de l’Essonne (91) ne fait pas exception.

1°) Le schéma départemental de 2000

Les schémas départementaux d’aménagement de berges les plus récents s’inscrivent volontairement dans une perspective de développement durable[8]. Ces schémas prennent en considération le contexte dans lequel se situe la berge, les contraintes et les atouts qui peuvent en découler, et les enjeux multiples (environnementaux, économiques, sociaux...) auxquels la berge doit faire face aujourd’hui.

Ainsi, le Conseil général de l’Essonne a adopté en 2000 un Schéma d’aménagement des berges de la Seine. Il définit cinq enjeux d’aménagement :

a) affirmer l’identité du site par la mise en cohérence du potentiel existant paysager, historique, économique et humain ;

b) renforcer la fonction de la Seine comme élément fédérateur des activités de loisir et de détente de proximité ;

c) promouvoir un développement urbain et économique soucieux de l’environnement et de son intégration dans un site de qualité mais fragile ;

d) poursuivre les actions mises en place pour la qualité environnementale du fleuve et la maîtrise des risques ;

e) mieux exploiter le potentiel du réseau d’infrastructures de desserte et d’accès aux berges et améliorer leur insertion dans l’environnement.

Le Département de l’Essonne soutient la commune de Draveil, qui souhaite mieux relier la ville à la base de loisirs. La valorisation du site de la Fosse aux Carpes concerne en effet un site Espace naturel sensible (ENS) du département. L’agence régionale des espaces verts[9] est associée au projet . Il s’agit d’améliorer les accès au fleuve et à la base de loisirs ainsi que le stationnement, de créer une véritable entrée de ville à Draveil et d’assurer une continuité piétonne le long des berges.

2°) La communauté d’agglomération Sénart-Val de Seine

Les intercommunalités jouent un rôle important dans l’aménagement des berges. En 2009, une étude de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la région Île-de-France a constaté que 76 % des communes riveraines de la Seine, de la Marne ou de l’Oise sont dans un regroupement intercommunal, soit qu’elles soient traversées par le fleuve, soit qu’elles le longent, à l’instar de Draveil et Vigneux-sur-Seine. Au regard des déclarations des communes, 31 de ces intercommunalités accompagnent des projets d’aménagement des berges, soit les deux tiers des regroupements intercommunaux concernés par le fleuve[10]. Ces projets sont davantage sur la Seine que sur ses affluents.

La communauté d’agglomération Sénart-Val de Seine, qui regroupe Draveil, Vigneux-sur-Seine et Montgeron, comporte des communes ayant déclaré des projets d’aménagement de berges. Elle est signataire de la Charte de promenade de Seine élaborée par l’Agence d’urbanisme et de développement Essonne Seine Orge.

Cette charte est signée par une trentaine de partenaires : collectivités locales, agences de l’eau et des espaces verts, Syndicat Intercommunal pour l’Assainissement de la Région de Villeneuve-Saint-Georges, Voies navigables de France, Ports autonomes de Paris… Elle vise à garantir à l’horizon 2015 l’accès aux berges de Seine. La promenade fluviale est conçue pour mettre en valeur le patrimoine naturel, historique et culturel des trois communes.

Quant au sport, les communes de Draveil, Montgeron et Vigneux-sur-Seine ont expressément choisi de transférer à la communauté d’agglomération leurs attributions en ce domaine. Cela témoigne d’une volonté marquée d’agir ensemble sur ce plan, puisque la loi ne rend pas obligatoire la mise en commun de cette compétence et que les communes sont nombreuses à ne pas la transférer.

C.- LA SOCIETE NAUTIQUE DE LA HAUTE SEINE DANS SON ENVIRONNEMENT IMMEDIAT

Beaucoup de communes riveraines ont éprouvé le besoin de se régénérer et de faire évoluer positivement l’image de leur territoire. La Ville de Draveil s’est engagée dans ce processus depuis plusieurs années.

1°) L’engagement de la Ville de Draveil en faveur du cadre de vie

Après la création de la communauté d’agglomération, la Ville de Draveil a néanmoins conservé dans toute leur étendue ses compétences en matière d’urbanisme. Au printemps 2011, elle a adopté un Plan local d’urbanisme (PLU) où elle se fixe des objectifs précis tant dans le domaine de l’environnement qu’en matière d’habitat et d’aménagement. Elle s’engage en particulier à :

- préserver l’identité des quartiers d’habitat pavillonnaire en cohérence avec le cadre de vie ;

- promouvoir la diversité de l’habitat et rechercher un équilibre entre les différentes formes de bâti ;

- requalifier les entrées de ville ;

- mettre en valeur le patrimoine historique de la commune.

La dimension écologique n’est pas oubliée, dans la mesure où la politique municipale intègre aussi au PLU les objectifs du développement durable traduits dans le Grenelle de l’Environnement.

2°) Le 49, Avenue Libert, site unique et exemplaire

Le 49, Avenue Libert offre l’exemple d’un site où reste préservé un usage naturel des rives de la Seine dans un tissu de ville devenu très dense. Vouée jusqu’à une époque récente à la construction et à l’urbanisation non maîtrisée, cette portion des bords de Seine a reçu dans les années 1970 une couverture bétonnée, conformément à une politique désormais abandonnée de stabilisation des berges par des moyens artificiels. Aujourd’hui, aucune construction à des fins d’habitation n’est plus permise dans les environs immédiats.

Sur ce tronçon urbanisé et industriel des berges de la Seine, le site se révèle comme un point de passage obligé pour restaurer la continuité naturelle entre la façade fluviale de la base de Port aux Cerises et les berges de la forêt de Sénart. Appartenant au paysage de l’entrée de ville de Draveil, il contribue de manière décisive à en offrir l’image d’un cadre de vie plus vert que ne voudrait le laisser croire une vision stéréotypée des banlieues de l’Est parisien. Par sa position et son histoire, le site constitue un jalon rare sur les itinéraires de circulation douce le long du fleuve, à une époque où ses habitants redécouvrent sa présence et son attrait unique.

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